Les rois mages Balthazar, Gaspard et Melchior révélés

Quelques semaines à peine et Noël sera là. Impossible de traverser cette période sans se replonger dans les récits qui façonnent l’imaginaire collectif, à commencer par celui des trois rois mages. Indissociables de la crèche et de la magie de décembre, Balthazar, Gaspard et Melchior fascinent et suscitent encore la curiosité. Qui étaient-ils vraiment ? D’où viennent-ils et que symbolisent-ils ? Retour sur ces figures qui traversent les siècles et s’invitent, chaque année, au cœur des célébrations de la Nativité.

Le récit des rois mages selon l’évangile de Matthieu

Dans le Nouveau Testament, seul l’évangéliste Matthieu mentionne la venue des mages venus d’Orient. Mais il laisse volontairement planer le mystère : ni nom, ni nombre. On sait simplement qu’ils ont repéré l’étoile du “roi des Juifs” tout juste né et qu’ils ont quitté leur lointain pays pour lui rendre hommage à Bethléem.

Avant d’arriver à destination, les mages s’arrêtent auprès d’Hérode. Ils cherchent des renseignements sur cet enfant dont la naissance trouble le pouvoir établi. Grâce à l’étoile qui les guide, ils trouvent Marie et Jésus, se prosternent et offrent leurs présents. Prévenus en rêve du danger que représente Hérode, ils choisissent un autre chemin pour regagner leur terre, laissant derrière eux une histoire devenue légendaire.

Des identités construites peu à peu

L’évangile n’en dit guère plus sur l’identité des mages. Ce sont les penseurs et théologiens des premiers siècles qui vont façonner leur légende. Au fil du temps, la tradition se précise.

Un tournant se produit avec Tertullien, qui évoque pour la première fois leur statut royal. C’est alors qu’on commence à parler des “rois mages”. Origène, quant à lui, fixe le chiffre à trois, se basant sur le nombre des offrandes déposées devant l’enfant.

Les noms Balthazar, Gaspard et Melchior n’apparaissent qu’au VIIIe siècle, après bien des variantes. Désormais, ce trio occupe une place centrale dans la culture chrétienne, chacun incarnant une origine, un âge, une symbolique forte.

Qui sont les rois mages Balthazar, Gaspard et Melchior

Balthazar : le roi venu d’Arabie et porteur d’or

Au fil des siècles, chaque roi mage s’est vu attribuer un portrait particulier. Balthazar, celui que l’on représente le plus souvent avec la peau noire, est associé à l’Arabie. Il offre à Jésus de l’or, symbole de royauté, comme pour reconnaître la souveraineté de ce nouveau-né. À travers son geste, c’est le pouvoir terrestre qui s’incline devant le mystère de la crèche.

Gaspard : le sage au visage marqué et la myrrhe

Gaspard, lui, est dépeint comme le doyen du groupe. Chevelure blanche, traits fatigués, il incarne l’expérience et la sagesse. On lui attribue des origines perses et, parfois, la tête du cortège. Son cadeau, la myrrhe, n’est pas anodin : cette résine précieuse servait aux rites funéraires. Ce présent évoque la dimension humaine du Christ, mais aussi l’annonce de sa future passion.

Melchior : la jeunesse d’Asie et l’encens de la divinité

Melchior, le plus jeune, arbore des traits asiatiques. Les récits le font venir d’Inde. Il dépose de l’encens devant Jésus, une offrande réservée aux dieux dans l’Antiquité, soulignant la reconnaissance de sa dimension divine.

Cette diversité d’origines, de couleurs, de traditions, fait des rois mages une allégorie de toutes les cultures. On leur prête aussi des savoirs multiples : philosophie, astrologie, science et magie. Par leur voyage, ils symbolisent la rencontre de l’humanité tout entière avec le mystère de la naissance du Christ.

L’Épiphanie, la fête des trois rois

Douze jours après la naissance de Jésus, selon la tradition, les rois mages arrivent à Bethléem. Leur passage est célébré le 6 janvier lors de l’Épiphanie. En France, cette fête prend une saveur particulière autour de la célèbre galette des rois, dégustée en famille. Mais d’un pays à l’autre, les traditions varient, preuve que le mythe des mages continue de se réinventer chaque année.

Le soir de l’Épiphanie, tandis que la galette se partage, l’étoile qui guida Balthazar, Gaspard et Melchior brille encore sur les tables et dans les cœurs, rappel discret que la magie de la Nativité n’a rien perdu de sa force, et que les histoires qui traversent le temps trouvent toujours un chemin vers l’enfance de chacun.

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